Je n'aime pas regarder mes plaies, mais il semblerai que ce soit le moment... au moins pour les purifier... et arrêter d'avoir.. peur...
Je suis fatiguée, je vous avoue. Très fatiguée. Parce que j'ai l'impression de ne pas sortir de tout ça.
Yule Angel par Ironshod« -Tu t'es déjà dis que tu n'étais qu'une poussière, toi ?
-Il est difficile d'être une poussière pour un Dieu... Du moins, c'est ce que les autres disent. Nous sommes tous des poussières. Des petits tas bien agencés, mais de la poussière quand même.
-Les cendres même de la terre... C'est nous-même. Imaginés ou réels, nous ne sommes que de fines particules qui s'envoleront au vent mauvais des jours d'hiver... Mais elles, elles volent !
-Voler n'est pas toujours un bien. Voler peut devenir aussi douloureux que rêver ou espérer, quand on est mis à genoux.
-Pourtant, la vie ne dépose pas les armes, c'est là notre malheur, Kiearth... »
« -Je vous en supplie! Répondez-moi!
-Elle ne vous répondra pas.
Voix froide, presque dénuée de sentiments, d'une jeune femme aux yeux fermés, qui semblait ignorer la scène apocalyptique qui se déroulait autour d'elle. Elle était là ; tranquillement assise sur la banquette du bus. L'homme en face d'elle paniquait, tenant contre lui un corps froid et sans vie. Il était choqué. Ses mains tremblaient, du sang coulait le long de sa tempe, et il cherchait quelque chose pour se soigner -mais quoi? Il n'y avait ici que métal brûlant et flammes froides. Tout avançait à un train d'enfer dans ce véhicule partiellement détruit et surchauffé.
Elle, elle ne semblait pas affectée par la situation. Les jambes croisées, les mains délicatement posées sur ses genoux, l'air absent. Ses cheveux, châtains clairs, étaient simplement relevés par une pince noire, tandis que quelques mèches retombaient en tourbillon sur son visage rond et pâle, comme le reste de sa personne. Il la fixa un instant, prenant soudainement conscience de cette présence à l'attitude dérangeante.
-Vous... n'avez donc pas peur?
Filet de voix rauque, terrifié.
-Bien sûr que si, elle a peur. Nous avons tous peur, mais certains n'osent pas le montrer.
Voix douce, posée et assurée, d'un homme dont on ne distinguait ni le visage ni le corps, enveloppé par une lourde pièce de tissu noire. A ce moment précis, ce fut comme s'il y avait eu un déclic, et la jeune femme ouvrit les yeux, des yeux bleus tirant sur le gris, au regard mélancolique.
-De la poussière, nous retournons un jour à la poussière, n'est-ce pas, Kiearth? ... C'est ce qui est en train d'arriver à cet instant précis, n'est-il pas?
L'homme dégagea lentement sa tête de la lourde capuche. Cheveux d'un vert terne, retombant sur ses épaules, petit bouc, des traits fins et marqués. Ses yeux, deux améthystes, brillaient d'une certaine fatigue, exprimée par ses lèvres. Avec douceur, il posa une main sur l'épaule de la jeune femme.
-Oui, c'est ce qui nous arrive tous un jour. Parce que même les Dieux ne sont que poussière, car c'est le onde qui leur a donné vie, lui souffla-t-il. Certains sont blessés, tandis que d'autres vivent le bonheur. Par malheur...
-Le Destin a décidé de nous imposer quelque chose que nous, ou du moins moi, n'arrive pas à assumer.
-Le poids d'un fil de la destinée est parfois plus lourd que le monde, douce Alizée. Et comme je suis toi, ta voix, ton cœur, je te connais, vent léger mais pourtant si froid. Mon Alizée, tu m'as peut être aidé, mais je ne peux ici t'apporter que ton propre soutient. »
De la Tombe, on apprend beaucoup de choses, les secrets de la Mort, et sur le chemin du Helheim, c'est là que nous apparaissent les trésors de la Vie.
Il faut passer par Ear pour comprendre l'éphèmère, remercie Hel du don de la mortalité.
Car c'est en passant par la Tombe que nous apprenons la Vie.